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GALERIE INCOGNITO AIME BANKSY

GALERIE INCOGNITO AIME BANKSY

mai 13, 2021

Le graffiti est l'un des rares moyens à votre disposition quand vous n'avez presque rien. Et même si vous ne pouvez soigner la pauvreté dans ce monde avec une image, au moins vous pouvez faire sourire quelqu'un pendant qu'il pisse. - Banksy 

MONKEY PARLIAMENT - Banksy
Monkey Parliament by Banksy

 

Banksy est le pseudonyme d'un artiste de street art dont le véritable nom et l'identité restent incertains et font à ce jour toujours l'objet de spéculations.

Personnage mythique de la scène graffiti depuis plus de vingt ans, figure insaisissable et contradictoire, Banksy bouscule les codes et disperse ses œuvres sur les murs du monde entier, entre engagement et poésie.

L’artiste est né en 1974 à Bristol, une ville du sud-ouest de l’Angleterre. Il est le fils d’un technicien photocopieur et suit, lui, une formation de boucher. Mais au cours des années 90, à l'âge de 14 ans, après avoir été expulsé de l’école et purgé une peine en prison pour des délits mineurs, Banksy délaisse les couteaux pour manier la bombe et commence à faire des graffitis. Entre 1992 et 1994, il rejoint le groupe de street-art Bristol’s DrybreadZ Crew (DBZ), où il assiste d’autres artistes tels que Kato et Tes. C’est à ce moment qu’il devient un artiste street-art à part entière. Il s’inspire notamment du pochoiriste français Blek le rat - le rongeur devient un emblème central de son œuvre - ainsi que de la scène underground artistique et musicale particulièrement foisonnante de Bristol.

Il participe au festival de graffitis Walls on Fire, en 1998, dans le quartier portuaire de Bristol. En 1999, il crée la fresque The Mild Mild West. Il réalise la première exposition de toutes ses œuvres dans un restaurant à Bristol en 2000. 

Dans les années 2000, Banksy quitte Bristol pour rejoindre Londres où il multiplie ses premières interventions, des happenings à part entière. En 2005, il remplace l'effigie de la reine d'Angleterre par celle de Lady Diana sur des faux billets de 10 livres et change la mention « Bank of England » en « Banksy of England ». Au verso du billet on peut lire “Trust No One”. Il en disperse la plupart lors du carnaval à Notting Hill. La même année, lors d’une de ses premières expositions, Crude Oils, Banksy détourne des tableaux de Claude Monet ou de Vincent Van Gogh et, pour l’occasion, libère 200 rats... 

 

Faux billet créé par Banksy, Banksy of England
Faux billet créé par Banksy, Banksy of England

Show Me the Monet - Banksy
Show Me The Monet - Banksy

 

En 2005, Banksy place des œuvres factices ou subversives au MoMA, au Met, au Brooklyn Museum, au musée américain d'histoire naturelle de New York ainsi qu'à la Tate Britain ou au British Museum. Lorsque le coup de l’artiste est découvert - la présence d’un faux artefact représentant au fusain un homme préhistorique poussant un chariot de supermarché en chassant des animaux - le musée décide d'inclure l'objet dans sa collection permanente.

Toujours la même année, il place une poupée gonflable, à taille réelle portant un uniforme orange comme ceux du camp de Guantánamo, au milieu du décor d’une montagne russe au Disneyland de Californie. La sécurité du parc bloque le train, interpelle un complice qui le filme, mais le libère faute de preuve. Il réussit ainsi à sortir avec la vidéo de la performance, ni vu, ni connu.

En parallèle de ses interventions, des artistes lui font confiance tandis qu’il suscite une forte curiosité et popularité. En 2003, Banksy réalise notamment la pochette du disque de Blur, Think Tank

Couverture de l’album Think Tank de Blur par Banksy

Très vite, il captive à la fois les milieux alternatifs dans lesquels il évolue ainsi que les médias plus traditionnels. Sa capacité à se balader entre ces mondes avec désinvolture devient probablement une des grandes forces de l’artiste. 

Entre coups d'État et coups de maître, oscillant entre provocation et subtilité, Banksy se fait un nom.  

 

 LE FANTÔME DU STREET ART 

 

L’artiste Banksy, camouflé

Banksy avance masqué. Il est devenu au fil des années le pseudonyme le plus célèbre du monde et son identité ne cesse de faire couler de l’encre. 

Certains pensent que Banksy n’est pas forcément un seul artiste, qu’il s’agirait d’un collectif constitués de différents artistes. D’autres demeurent persuadés qu’il s’agirait du leader du groupe de rock Massive Attack. Quant à ceux qui savent, ils ne parlent pas. En 2018, Banksy est venu à Paris, pour dessiner en pleine nuit, une madone sur la porte de la sortie de secours du Bataclan, en hommage aux victimes de l'attentat du 13 Novembre. Le patron du Bataclan a vu les images de vidéosurveillance, il sait à quoi ressemble Banksy, mais il ne veut rien dire. Tous, respectent le mythe Banksy. 

Deux journalistes du magazine M le Monde, ont mené, quant à eux, une longue enquête sur l’identité de l’artiste et sont arrivés à la conclusion que le vrai nom de Banksy, ce serait Robin Gunningham. Une enquête scientifique utilisant des méthodes policières était déjà arrivée à la même conclusion. Il aurait pris ce pseudonyme parce qu’il se prénomme Robin et Robin Banksy ça sonne un peu comme “Robbing Banks”: braquer des banques. Ce sont aussi les initiales d’un fameux Robin des Bois. Banksy se voit comme un bandit 2.0. 

De Banksy on ne sait finalement que très peu de choses. Dans une interview de 2003 de The Guardian, l'artiste est décrit comme « blanc, 28 ans, débraillé décontracté - jeans, T-shirt, une dent d'argent, chaîne en argent et boucle d'oreille en argent. Il ressemble à un croisement entre Jimmy Nail et Mike Skinner de The Streets ».

On sait qu’il se fait appeler "le vandale de qualité". Il graffe à la sauvette, la nuit souvent, masqué toujours. Aucune photo de lui circule et il accepte très peu d'interviews. 

Son pseudonyme le place en effet  à contre-courant d’un monde obsédé plus que jamais par la visibilité : « C’est la meilleure idée qu’il ait eue, s’amuse Steve Lazarides, son ancien agent et galeriste. C’est ce qui lui a permis de devenir un mythe. » Protéger son identité tenait au départ à une raison toute simple : les possibles conséquences juridiques que courent les graffeurs. Et pourtant plus qu’une histoire de discrétion, ce pseudonymat est devenu une leçon sans précédent de communication, un coup de génie hautement sophistiqué. 

Banksy jouit de ce mystère mais en paie également le prix. Il lui a récemment fait perdre le droit de possession d’une partie de son œuvre et il soulève la question complexe de l’authentification. Le succès de Banksy dans le monde entier accentue le nombre d'imitations. Pour y remédier, Banksy utilise différents canaux pour authentifier ses œuvres. En 2009, il crée la société Pest Control (littéralement "contrôle parasitaire”) dont le rôle est de tirer le vrai du faux et de contrôler la diffusion, et il utilise également son compte Instagram pour revendiquer ses pochoirs.

“GUERRE ET SPRAY”

L’autodestruction partielle et provocatrice de sa toile Girl with Balloon, en octobre 2018, juste après son acquisition chez Sotheby’s à Londres par une collectionneuse pour plus d’un million d’euros, avait créé un buzz planétaire. En immense roi de la provocation qu’il est, Banksy maîtrise l’art de la communication. 


Parmi ses grands coups, on compte évidemment la réalisation de ses fresques follement poétiques sur le mur de Gaza à la frontière Israélo-palestinienne (West Bank) en 2005. Il y réalisa neuf peintures, pour la plupart très incisives. Enfants qui font des châteaux de sable, paysages fantastiques, petite fille qui se laisse porter par des ballons... Alliant légèreté et poésie, il dénonce l’injustice et fait preuve d’un réel engagement. 

En effet, ces buzz médiatiques ne sont jamais dénués de sens. Et ses œuvres souvent truffées de dérision et d’humour, cachent de réelles prises de position. Philanthrope, pacifiste, anti-capitaliste et anti-système, Banksy scande haut et fort son mécontentement envers les faits et gestes de notre époque. 

Fresque sur le mur de Gaza, Banksy 

La fresque “ Love is in the air” (L’Amour est dans l’air), qu’il réalise sur le mur qui sépare Israël et Palestine, en est un bel exemple et elle est devenue une véritable icône. Aussi appelée Le «Flower Thrower» (Le lanceur de fleurs), elle fait preuve de cet engagement artistique. Réalisée au pochoir, cette œuvre de rue est peinte pour la première fois en grand format, en 2003, à Jérusalem. Les cocktails molotov ont été troqués pour des fleurs. En 2005, Banksy en conçoit une nouvelle version, toujours visible, sur le mur d’une station-service, à Bethléem, en Cisjordanie. La même année, son livre Wall and Piece sort en librairie, une photo de cette œuvre en couverture. 

Contrairement à la majorité des street artists qui ne s'embarrassent pas de tels engagements politiques, Banksy assume ses positions anti-autoritaristes, antimilitaristes et anticapitalistes. Il tourne notamment en ridicule la police, les caméras CCTV et plus largement, tout ce qui relève du contrôle et de la surveillance.

La portée politique de ses pochoirs est d’autant plus efficace que Banksy sait synthétiser ses engagements en images simples et percutantes.  « Il fait des commentaires très simples sur des sujets très compliqués, affirme Steve Lazarides. « Politiquement, il y a chez lui quelque chose de très adolescent, de très romantique : tout est tout noir ou tout blanc. » 

« C’est un génial commentateur de l’actualité, note Will Ellsworth-Jones, auteur chez Aureum de The Man behind the Wall, un ouvrage « non autorisé » sur l’artiste. « Son art est accessible à tous, contrairement au graffiti qui nécessite d’être initié. Quand vous voyez une œuvre de Banksy, vous la comprenez immédiatement et, le plus souvent, vous riez. »

 

Love is in the air ou Flower Thrower, Banksy
Love is in the air ou Flower Thrower, Banksy 
Cardinal Sin by Banksy

 Cardinal Sin , Banksy 

TECHNIQUE  

J'utilise ce qui est nécessaire. Parfois, il s'agit simplement de dessiner une moustache sur le visage d'une jeune femme sur une affiche alors que dans d'autres cas, je dois m'échiner à travailler durant des jours afin de peaufiner un dessin plus élaboré. L'efficacité est en fait la clé ! - Banksy 

 Les œuvres de Banksy sont, pour la plupart de ses peintures, effectuées avec des pochoirs. Dans son livre Wall and Piece, Banksy explique cette décision. Il travaillait lentement lors de ses débuts, et se faisait souvent prendre en flagrant délit. Les pochoirs permettent de travailler beaucoup plus rapidement sur les lieux, car une partie du travail peut être effectuée à l'avance.

La technique lui offre également une rupture avec les codes un peu trop rigides de ce qu’on appelle dans le milieu du street art, le writing: « Les artistes qui pratiquent le graffiti traditionnel ont tout un tas de règles auxquelles ils aiment se conformer, et grand bien leur fasse, expliquait Banksy dans Time Out en 2010, mais je ne suis pas devenu graffeur pour que quelqu’un d’autre me dicte ma conduite. »

Le pochoir raconte également à lui seul une histoire politique de révolutionnaire qui plaît incontestablement à Banksy. La propagande révolutionnaire russe, la lutte d’un Pignon-Ernest contre le nucléaire dans les années 1960, les « statements » de John Fekner à New York dix ans plus tard ou l’imagerie du mouvement punk... Le pochoir l’inscrit dans une lignée contestataire qui court des dadaïstes aux punks, dont il emprunte les modes opératoires et les crédos. Il s’inspire de ces mouvements de résistance pour manier le canular, l’infiltration, le détournement, l’invisibilité, l’action directe et le « do it yourself ». 

 

 

FAITES LE MUR

En 2010 sort le film Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), réalisé par Banksy et présenté au Festival du film de Sundance, ainsi qu'à la Berlinale. Il est d'ailleurs nommé  pour l'Oscar du meilleur film documentaire en 2011. Le film présente des artistes comme Invader et Shepard Fairey, tous supposément filmés par Thierry Guetta, qui tente lui aussi de devenir un artiste urbain

 

HORS SYSTÈME...

“Le succès commercial est un signe de médiocrité” - Banksy.

Dès ses débuts, Banksy revendique son indépendance à l’égard du monde de l’art. Il envoie valser la hiérarchie entre les institutions et la rue, revendique la dignité de l’art urbain et démontre sa capacité à rivaliser avec les expressions consacrées. L’artiste remet en question les espaces d’exposition traditionnels tels qu’on les connaît et explore d’autres lieux, d’autres manières de diffuser et d’exposer l’art. Lorsqu’il ne s’amuse pas à réécrire les règles au sein du Louvre, ses expositions investissent des espaces délaissés (entrepôts, tunnels et, récemment une ancienne piscine), où il organise des expositions personnelles extravagantes, telles que  son exposition « Barely Legal » à Los Angeles, en 2008. Il imagine également des événements collectifs dédiés à la culture du graffiti (« Walls on Fire » en 1998, « Burner Prize » en 2003, « Santa’s Ghetto » de 2000 à 2007, « Can’s Festival » en 2008, qui différent de tout ce qui se fait ailleurs, et propose de nouvelles perspectives. « Nous nous sommes appliqués à briser toutes les règles qui pouvaient l’être », raconte Steve Lazarides. 

En parallèle, Banksy fonde avec son galeriste et le dessinateur Jamie Hewlett les éditions d’art en ligne Pictures on Walls (POW). Ils y vendent des pièces créées par de grands artistes du street art à prix très raisonnables.

 

IRREVERENCIEUX & ANTI-ESTABLISHMENT

« Mon avocat dit que je suis l’artiste vivant le plus plagié au monde et voudrait que je réagisse. Mais si vous avez construit votre identité sur la réputation de vous moquer un peu de la notion de propriété, ce serait assez malvenu d’attaquer qui que ce soit pour des questions de droit d’auteur. » - Banksy, 2010 à la sortie de son documentaire Faites le mur

Son discours anti-système ne l'empêche pas de conquérir solidement les faveurs des médias, des collectionneurs et du marché. Forcément, le succès planétaire de l’artiste fait douter certains de ses engagements humanistes. Banksy lui-même aime semer le doute et provoquer.

En 2010, dans le dossier de presse de Faites le mur, il ironise : 

  « J’utilise l’art pour contester l’ordre établi, mais peut-être que j’utilise simplement la contestation pour promouvoir mes œuvres. » - Banksy

Et dans un milieu du graffiti très attaché à dénoncer toute forme de « récupération » par l’institution ou le marché, cela pose forcément problème. « Pour un graffeur, le succès commercial est une marque d’échec », résumait l’artiste dans une interview accordée au Village Voice en 2013.

En 2009, il se sépare de son galeriste Steve Lazarides et réalise son documentaire Faites le mur, où sont exposées les contradictions du street art en général et de l’artiste. Quatre ans plus tard, il donne à son exposition new-yorkaise un titre manifeste, Better Out Than In, (Plutôt dehors que dedans). À l’occasion, il vend dans la rue des pochoirs originaux signés à 60 dollars pièce, véritable pied de nez à sa cote stratosphérique.

Et pourtant, son image ambivalente résiste à toute tentative de sa part.   

« Napoléon a dit : “Dans une révolution, il y a deux types de gens : ceux qui la font, et ceux qui en profitent. Je m’inquiète de savoir à quelle catégorie j'appartiens. » déclarait-il au Monde en 2010.


INSTITUTIONNEL 

En 2005, il réussit à entrer dans les plus grands musées du monde dont le musée du Louvre, le musée Moma à New York, ou encore au Tate Britain à Londres pour y afficher son talent.

En 2007, il gagne le très prestigieux prix du meilleur artiste anglais vivant (Art’s Greatest Living Briton) et devient en même temps le premier artiste à ne pas se rendre en personne recevoir ce prix.

 

Keep it spotless
Keep it spotless, Banksy


 CONCLUSION 

Adulé aussi bien par les connaisseurs que par un public moins susceptible de goûter l’art contemporain, Banksy s’est forgé en une vingtaine d’années un rang de star planétaire.

« Il est l’artiste contemporain vivant le plus connu au monde », affirme Nick Walker, figure majeure du pochoir anglais.

 

 

Mais plus qu’à son pseudonyme, son talent ou son engagement, il semblerait que la « légende » Banksy tienne justement à cette somme de paradoxes et de contradictions, qui ont façonné son insaisissabilité, et donc son pouvoir de fascination. Rebelle révolutionnaire ou génie du marketing, “vandale” ou “vendu”, cela dépend de la perspective. 

Banksy résume les contradictions de notre époque et sait jouer de tous ses codes. 



 Giulia Gabriele




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